Accumulation spatiale du carbone à long terme dans les tourbières ombrotrophes de la
région d’Eastmain, Québec, Canada
Simon van Bellen, Étudiant au doctorat
Chaire de recherche DÉCLIQUE1 / Institut des Sciences de l’Environnement and GEOTOP
Université du Québec à Montréal, 201 Avenue Président-Kennedy, Montréal, Qc, H2X 3Y7,
van_bellen.simon@courrier.uqam.ca
Pierre-Luc Dallaire, Étudiant en maîtrise
Chaire de recherche DÉCLIQUE / Département de Géographie and GEOTOP, Université du
Québec à Montréal, 201 Avenue Président-Kennedy, Montréal, Qc, H2X 3Y7
Michelle Garneau, Professeure
Chaire de recherche DÉCLIQUE / Département de Géographie and GEOTOP, Université du
Québec à Montréal, 201 Avenue Président-Kennedy, Montréal, Qc, H2X 3Y7,
1 Chaire DÉCLIQUE (Dynamique des Écosytèmes tourbeux et changements CLImatiQUEs)
En plus d’être de bonnes archives des changements environnementaux, les tourbières
nordiques ombrotrophes constituent un stock important global de carbone organique (C).
Notre objectif est de reconstituer les taux d’accumulation du C à l’Holocène en fonction des
changements paléoenvironnementaux tout en mettant l’accent sur les événements de feu et
des variations hydroclimatiques. Les trois tourbières étudiées (1.7 – 2.7 km2) sont localisées
dans la région de Eastmain (Baie James) autour de 52ºN. Vu que les feux de forêt sont
fréquents dans la région boréale du Québec, des feux récurrents ont potentiellement affecté les
taux d’accumulation du C à long terme. L’hypothèse est que les tourbières boréales du
Québec ont été moins propices à la présence du feu que les tourbières forestières de l’ouest
canadien, à cause de leur humidité et de la couverture végétale non-forestière.
La reconstitution des taux d’accumulation du C durant l’Holocène est basée sur la
quantification du volume de tourbe combinée aux modèles d’age-profondeur ainsi qu’à des
analyses de densité de tourbe. Les volumes de tourbe ont été calculés à partir de sondages
manuels, de prospections géoradar du terrain et à l’aide d’une méthode d’interpolation avec
ArcGIS. Plusieurs carottes ont été échantillonnées et ensuite analysées au laboratoire afin de
déterminer la concentration en C organique des dépôts tourbeux ainsi que la reconstruction
des successions de végétation, des fluctuations de la nappe phréatique et de l’influx de
macrocharbons comme indicateur d’événements de feu. Des datations SMA 14C ont été
utilisées pour établir des chronologies des changements observés.
Les résultats montrent une expansion latérale importante de tourbe durant le début du
développement de la tourbière. L’accumulation de la tourbe ralentit à partir d’environ 4500
cal yrs BP dans la tourbière LLC, tandis qu’aux tourbières MOS et STE le début du
ralentissement est retardé. Un ralentissement semblable de la sequestration du C commence
vers 4500 cal yrs BP a été constaté dans les tourbières de l’ouest et l’est canadien,
potentiellement induit par un refroidissement climatique, le Néoglaciaire.
Cliquer ici pour visualiser le poster
Retour à l'index des résumés