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Reconstitution des flux de méthane locaux durant l’holocène récent dans deux tourbières boréal à l’aide des assemblages de rhizopodes.

Luc Pelletier, Julie Loisel et Michelle Garneau
Département de Géographie et Centre de recherche en géochimie isotopique et géodynamique (GEOTOP-UQAM-McGill), Université du Québec à Montréal (UQAM), CP. 8888, Succ. Centre-Ville Montréal, Québec, H3C 3P8, Canada.
Courriel : pelletier.luc@uqam.ca

 

Les tourbières boréales couvrent approximativement 350Mha dont 50% se trouvent en Amérique du Nord. Ces écosystèmes sont des puits substantiels de carbone mais ils constituent en même temps une importante source de méthane (CH4) vers l’atmosphère, un gaz à effet de serre 21 fois plus puissant que le CO2.  Le relâchement annuel de CH4 vers l’atmosphère par les tourbières est estimé entre 20 et 50 Tg. Les flux de CH4  varient spatialement en fonction de la microtopographie à la surface des tourbières. La corrélation entre la position de la nappe phréatique et les flux de CH4 est bien documentée, les flux de CH4 étant plus importants lorsque celle-ci est près de la surface. Les rhizopodes (Testate amoebae) et les assemblages de macrofossiles végétaux représentent de bons indicateurs paléohydrologiques. Les rhizopodes sont sensibles aux changements des conditions hydrologiques dans les tourbières ombrotrophes et leur résistance à la décomposition permet de reconstituer la position de la nappe phréatique dans le passé. Lorsque couplés à la relation entre les flux de CH4 et la position de la nappe phréatique, les assemblages de rhizopodes permettent d’estimer des flux de CH4 durant l’Holocène. En se basant sur ces prémisses, les flux de méthane de deux tourbières ombrotrophes de la région de l’Eastmain-1 (Baie James, Québec, Canada) ont été reconstitués pour  l’Holocène récent. Les flux modernes de CH4 ont été mesurés à l’aide de chambres statiques sur les différents assemblages de végétation présents dans les tourbières en suivant un gradient microtopographique. Trois  carottes d’un mètre ont été analysées à tous les 2 cm. Cette étude soulève l’importance d’une meilleure compréhension du rôle joué par les tourbières dans le bilan du CH4 atmosphérique.

 

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