Recherche sur les émissions nettes de gaz à effet de serre de réservoirs
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Pression partielle et flux de CO2 sous la glace dans le réservoir Robert-Bourassa, (Québec), Canada

Anne-Marie Blais et Alain Tremblay
Environnement Illimité inc. et Hydro-Québec Production

L’importance du dégazage printanier de CO2 est encore peu documentée dans les réservoirs nordiques. Afin d’en évaluer l’importance, des campagnes de mesure de la pCO2 sous la glace et des flux de CO2 associés ont été réalisées au cours de l’hiver 2005 et 2006 dans le réservoir Robert-Bourassa (~2 800 km2, zmoy 22m).

La pCO2 (1 m) du réservoir Robert-Bourassa (moyenne ± SD, 867 ± 232 ppm, n = 44 stations), mis en eau il y a près de 30 ans, s’est avérée être comparable à celle des grands lacs naturels. Cette pCO2 se traduirait par un dégazage printanier, estimé à partir du modèle de Cole et Caraco (1998) et pour les conditions locales de vents, de l’ordre de 1 000 à 2 000 mg CO2 m-2 j-1, soit l’équivalent de 5 à 10% des émissions totales de CO2 (2,8 x 105 mg CO2 m-2) du réservoir Robert-Bourassa durant le reste de la période d’eau libre. Ce flux modélisé est d’un ordre de grandeur plus élevé que le flux mesuré sous couvert de glace (141 ± 88 mg CO2 m-2 j-1, n = 45), qui n’intègre pas l’effet du vent sur le coefficient d’échange gazeux.

Cette première estimation de l’importance du dégazage printanier de CO2 devra être ajustée ultérieurement afin de prendre en compte l’hétérogénéité spatiale et temporelle de la pCO2. Il semble déjà, cependant, que le dégazage printanier de CO2 dans le réservoir Robert-Bourrassa, oligotrophe et bien oxygéné, serait relativement peu important et n’affecterait pas de façon significative le bilan annuel d’émission de CO2 de ce réservoir.


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